Mes chemins sauvages - Régis Cavignaux

mercredi 11 novembre 2015

L'hiver du peuple du chemin creux

Le dernier tome du "Peuple du chemin  creux" paraîtra en décembre 2015 et marquera la fin de cette saga.
Retrouvez la faune de nos campagnes au gré des mois d'hiver et de mes balades naturalistes.

Ouvrage à commander sur mon site : www.regiscavignaux.com

Quelques pages de l'ouvrage :




dimanche 25 janvier 2015

Incroyable rencontre

Novembre 2013: La piste poussiéreuse s'étend à perte de vue, rectiligne au milieu de la végétation basse caractéristique de la Patagonie argentine. Des clôtures sur des dizaines de kilomètres et partout des moutons mérinos éparpillés au milieu des buissons.
Je roule avec prudence, la signalisation indique la présence de guanacos susceptibles de traverser à tout moment.











Pour ces camélidés, les véhicules sont souvent fatals comme en témoigne un corps à moitié dévoré en bord de piste.




Les renards gris et les vautours assurent le nettoyage.

Renard d'Argentine en maraude






Qui suis je? 















Les tinamous élégants se pressent entre les graminées au passage du véhicule tout en conservant une allure altière.




Un couple de nandous déambule, s'arrêtant pour mettre en peu d'ordre dans leur plumage ébouriffé par le vent omniprésent; pas de doute nous sommes en Patagonie!!





















Des maras ou lièvres de Patagonie détalent avant de s'immobiliser plus loin, les jumelles permettent de détailler leur silhouette si particulière.






Une tache rutilante dans le paysage, une sturnelle australe à la gorge écarlate raméne des araignées à sa nichée.




Fin d'après-midi, le téléobjectif est braqué sur le terrier d'un tatou pichi dans l'attente de l'apparition de l'étrange animal.

Une moufette de Humboldt apparaît entre les touffes de graminées et déambule, creusant le sable de ses griffes puissantes pour déterrer des larves et autres délices. C'est le moment choisi par le tatou pour venir se montrer.







A quelques mètres de son logis, la moufette est trop occupée par ses fouilles pour remarquer qu'on l'observe.
Le sable gicle sous les pattes du skunks à moitié enseveli, le tatou intrigué décide d'aller voir de plus près.
Quel est donc ce terrassier qui lui fait concurrence?

La moufette relève la tête et se trouve nez à nez avec le tatou qui file regagner sa tanière sans se retourner. Rassuré sur l'identité de l'intrus ou vexé par l'efficacité du skunks ? (voir la vidéo!)
A moins qu'il ne redoute l'arme secrète de la moufette, la connaissez vous?


L'arme secrète de la moufette: 
elle possède deux glandes volumineuses situées de chaque coté de l'anus. En cas de danger et si la fuite est impossible, le skunks peut expulser le contenu nauséabond de ces glandes à plus de 6 mètres de distance; l'odeur est perceptible à 1 km de distance




Le saviez vous?
 Les tatous (autrefois classés dans le super-ordre des édentés, aujourd'hui Xénarthres) possédent bien des molaires qui leurs permettent de mastiquer les larves et insectes dont ils se nourrissent.

Les fourmiliers, les paresseux sont également classés dans le même super -ordre, 




Xenarthre et fier de l'être !!  Oui mais de l'ordre des Pilosa
Le paresseux à trois doigts ou bradype





dimanche 10 août 2014

Le gîté de 20 heures

Avril 2014: Une belle soirée s'annonce, pas trop chaude avec juste ce qu'il faut de vent pour approcher de mes modèles favoris. Je gagne les chemins qui traversent cultures et pâtures; l'oeil aux aguets. Voir avant d'être vu, c'est un des secrets !
Quand je le repère, celui là m'a déjà vu et sans doute entendu. Plaqué au sol, le lièvre fait confiance à son immobilité. Je joue le promeneur pressé et je passe sans un regard à quelques mètres du bouquin tapi.
Je laisse passer un quart d'heure avant de revenir, cette fois à contre vent et pas à pas. Je ne suis pas dupe, le lièvre sait que je suis là mais je fais vite partie du décor.
Je suis toujours surpris par le peu de mémoire immédiate de cet animal.
Je progresse, le lièvre est blotti entre les herbes, oreilles plaquées sur le dos. Il passerait aisément pour une motte de terre, une taupinière.

J'aimerai un portrait de face où l'ou pourrait voir les deux yeux de l'animal. Alors patience !! chaque pas devient plus délicat et je m'attends à voir le lièvre détaler.
Une heure passe, reste une touffe d'herbe qui gêne ma vision; les mouvements se font au ralenti; surtout ne pas accrocher le monopode dans la végétation, ne pas faire attention aux crampes qui font trembler mon bras soutenant le lourd téléobjectif.
J'y suis enfin, face à l'animal; mise au point manuelle pour minimiser les bruits; la bague tourne lentement; l'image met un temps infini à se former dans le viseur.
J'admire les gros yeux, leur couleur ambrée, le frémissements des narines. déclenchement prudent, deux fois puis une troisième.




Il est temps de partir, je suis reconnaissant à cet animal farouche qui a bien voulu me tolérer sur son territoire.
Je quitte le lièvre, marche arrière prudente avant de m'éloigner.



Le levraut est aussi un as du camouflage, saurez vous le repérer sur le sol forestier?


Ou dans ce sous-bois?


Seul l'éclat de ses yeux le trahit parfois





dimanche 3 août 2014

Derrière le rideau

Juin 2014
Caniculaire, la journée a été brûlante et nous ne sommes qu'au printemps.
19h30: Balade du soir sans trop d'espoir, il fait encore trop chaud pour observer la faune si ce n'est les papillons et les libellules; même les oiseaux se taisent.
La Nature est imprévisible; les certitudes sont  balayées. Même lorsqu'on croit savoir, fort d'une certaine expérience, les animaux nous ramènent à plus d'humilité. En résumé, ceux ci sont chez eux et ils font ce qu'ils veulent sans respecter les dogmes établis par des générations de naturalistes et d'observateurs. J'en fais une fois de plus l'expérience.
C'est d'abord une chevrette surprise en lisière et qui se laisse observer et photographier à travers un rideau d'herbes. Rassuré par ce fin paravent, le cervidé se laisse approcher. Reste à déclencher au bon moment au gré des mouvements des graminées.


Puis c'est un chat forestier maraudant à découvert.


Le félin s'arrête souvent, pantelant, mais il continue sa chasse diurne.

Un bond, le campagnol est vite avalé.




Le chat regagne la fraicheur relative d'une haie et s'éloigne. Je décide de tenter une approche.Vaste détour pour me trouver contre le vent puis lente progression en évitant d'écraser les branches mortes.
Les derniers mètres se font dans un massif d'orties me faisant regretter la finesse de mon pantalon et mes bras nus.

Le chat est assis, haletant à quelques mètres!



Moi, je guette et je n'en perd pas une miette ! Voyeur installé derrière le rideau des hautes herbes sèches qui me sépare du félin.
Le rideau s'écarte, s'ouvre ou s'entrouvre en fonction de la brise; le spectacle apparait par instant dans mon oculaire.
Le chat se dévoile, baillant largement  puis disparait derrière les tiges qui ondulent.


Il est maintenant très proche, gros plan des prunelles qui transpercent le mur végétal lorsque je change la mise au point de mon objectif.


Le chat rentre sous le couvert et le rideau retombe retrouvant son opacité. Fin du spectacle et je reprends conscience des caresses brûlantes des orties.







samedi 2 août 2014

Deux ados

Belle fin de journée, la chaleur s'estompe et les couleurs de la campagne s'avivent dans le soleil couchant.
Un troupe de cigognes déambule dans les chaumes à la recherche de campagnols. Les échassiers n'ont pas leur pareil pour harponner les rongeurs qui se dissimulent sous la paille.




Quelques kilomètres plus loin, un petit verger  est le terrain de jeux de deux renards. Les pelages fauves se poursuivent dans une herbe fraîchement coupée avant d'enchaîner bousculades et culbutes. Je ne peux résister et je tente une approche à quatre pattes sous la haie épineuse.
Je peux maintenant mieux les observer, ce sont deux renards de l'année; des ados inexpérimentés, du genre de ceux qui finissent sous les roues des automobiles. Trop insouciants encore!
Les deux compères se sont arrêtés de jouer, ils paraissent hauts sur patte, dégingandés, avec un pelage encore clair et juvénile.


Le premier quitte le pré pour gagner un maïs alors que le second s'attarde.

J'avance encore et le goupil me repère; je l'intrigue! Recroquevillé dans les broussailles, ma silhouette n'évoque pas un danger.


Le canidé approche me permettant quelques images.






Il est rapidement trop près, passe à 1 mètre de moi, me contourne, cherche à identifier cette forme et cette odeur. Moi j'en prends plein les yeux, souffle retenu et téléobjectif inutile.


Rassuré, l'ado renard s'éloigne pour déguster les quetsches tombées; un petit en-cas avant une maraude nocturne.

Délicieuse, cette quetsche !

 Le maïs se referme sur la pelisse fauve alors que le soleil disparaît.
Moi qui voulait rentrer tôt, c'est loupé!! Je plaide non coupable, c'est la faute des forêt, des champs et de tous les habitants qui les peuplent.


mercredi 18 décembre 2013

Pour que l'année 2014 soit vraiment CHOUETTE !







Mon nouveau calendrier est désormais disponible, un petit aperçu des chouettes et hiboux de France et d'ailleurs. Des oiseaux fascinants aux capacités et particularités incroyables qui en font des prédateurs à l'efficacité redoutable.
Découvrez le calendrier avec cette petite vidéo.

mardi 10 septembre 2013

Un tigre dans les herbes

Avertissement aux lecteurs:
Point de grand félin dans ces lignes mais une belle araignée à découvrir. De quoi réconcilier (je l'espère) les phobiques des arachnides au demeurant bien inoffensifs si l'on est pas soi-même criquet ou papillon.
Voici une espèce facile à observer en fin  d'été et aux coloris surprenants.

30 août

C'est encore l'été mais les matins ont déjà un goût d'automne, les petits fruits de la haie commencent à se colorer et la rosée a tôt fait de tremper mon pantalon alors que j'avance dans les hautes herbes bordant une pâture.
C'est ici que se cache un redoutable prédateur, chasseur en embuscade et amateur d'insectes en tous genres.
L'épeire fasciée ou argiope frelon (Argiope bruennichi) porte une livrée vive pouvant évoquer un redoutable hyménoptère mais son abdomen rayé a une tout autre rôle; c'est une tenue camouflage efficace qui lui permet de se fondre parmi les tiges et de capturer deux fois plus de proies (d'après une très étude sérieuse, eh oui, la science se niche partout !).


Le bel arachnide tisse son piège à l'aube ou au crépuscule, l'ouvrage lui demande une heure de labeur avant de se poser au centre de sa toile et de patienter.
Coup de chance pour moi, la rosée met en évidence les toiles et facilite les recherches.
Chaque fil se transforme en rivière de diamants étincelants, et les toiles se matérialisent à foison dans la végétation.

A chaque araignée sa toile et son architecture; l'argiope fait partie des araignées orbitéles; entendez par là qu'elle tisse une toile géométrique orbiculaire.



Son ouvrage est fait de fil gluant qu'elle secrète avec ses filières situées au bout de son abdomen.
La toile s'orne d'un tapis serré et d'un  zig-zag, le "stabilimentum" (les arachnophiles ne me pardonneraient pas de taire ce nom savant!) aux rôles incertains: stabilisateur de la toile, renfort ou structure attirant les insectes en reflétant les ultraviolets.

Mes pas effrayent les insectes et je provoque la perte d'un criquet qui atterrit dans la toile de l'ogresse.



Les mouvements du criquet attirent l'attention de l'argiope. Du bout de ses pattes, l'araignée analyse les vibrations avant de se précipiter.


Rien ne faut un bon emballage,  mais en soie SVP !!


Vite, il faut neutraliser les mouvements de la prise et l'arachnide déroule des faisceaux de soie à partir des filières situées sous son abdomen.


La soie de l'araignée: une merveille de technologie


Plus résistante que l'acier voire le kevlar à épaisseur égale
Capable de passer de l'état liquide au solide 
Impossible d'y échapper, et pour les grosses proies, l'argiope ne prend aucun risque et attend que la victime soit bien ficelée avant d'approcher et de lui infliger une morsure fatale.