Mes chemins sauvages - Régis Cavignaux

samedi 24 août 2013

T'as de beau yeux, tu sais !

15 août:

Malgré la sécheresse, je tente ma chance en forêt sans trop y croire; histoire de voir si le repas du soir peut s'enrichir de quelques champignons.
Quelques chanterelles (les jaunottes de chez nous), des cèpes épargnés par les limaces et une poignée de pieds de mouton, c'est parti pour une omelette aux saveurs forestières.


Chanterelle, girolle, jaunotte, des  noms différents pour un même chapeau



En lisière, une forme sombre et dodue dans la végétation  attire mon attention. Du coup, je ne regrette pas d'avoir trimbalé mon boitier et ses objectifs!

















Comme toujours, la Nature offre bien des surprises. La chenille mesure presque 10 centimètres et dévore  le feuillage sans se soucier de mon objectif.

une vraie chipolata...... sur pattes, elle en a 16 !


Détail des pseudopattes à ventouses, les vraies sont près de la tête et beaucoup plus discrètes

Son arrière train s'orne d'une petite corne (le scolus des savants).



Je vous présente la larve de Deilephia elpenor, autrement dit la chenille du grand sphynx de la vigne.
Contrairement à son nom, le papillon fréquente maintenant plus les plantes sauvages comme les gaillets, les onagres et les épilobes plutôt que de s'empoisonner sa progéniture dans les vignes traitées avec moult biocides.
J'écarte la végétation, pour mieux observer; le mouvement inquiète la chenille qui prend une position défensive: tête rentrée, elle expose les deux paires d'ocelles qui ornent les premiers segments de son corps.
De gros yeux susceptibles d'en effrayer plus d'un !

Impressionante la bestiole!

Et pour parfaire l'intimidation, elle n'hésite pas à balancer sa tête

Hypnotique je vous dis!
Toujours pas effrayé ?


Ce procédé est utilisé par d'autres animaux pour effrayer ou distraire l' attention d'un prédateur.
 Les papillons usent du stratagème, le paon du jour et ses 4 yeux.



Un oeil sur chaque aile, je suis protégé et vous verriez mon cousin le paon de nuit, vraiment impressionnant


Chez de gros papillons tropicaux comme les morphos: les ocelles sont énormes
Imaginez l'effet produit sur l'oiseau qui s"apprête à saisir le papillon et qui voit alors un oeil de "rapace" le fixer brusquement . Panique assurée.


L'oeil était dans la jungle et regardait ...............





Les poissons connaissent aussi la ruse, chez ce poisson papillon (Chaetodon auriga), le véritable oeil est masqué par une raie noire et l'oeil factice est sur la nageoire dorsale. En cas d'attaque, le prédateur repartira au mieux avec un morceau de nageoire.




Les ocelles n'ont pas le même rôle chez les félins et sont alors un dispositif de camouflage au même titre que les rayures.





A propos à qui appartient ce pelage?



























































Oui, au jaguar; idéal pour imiter les taches de soleil trouant les feuillages de la forêt et passer inaperçu.

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