Mes chemins sauvages - Régis Cavignaux

lundi 5 août 2013

Un hiver au printemps

Le printemps se fait désirer; ma balade prend des allures polaires alors que je longe les haies à la recherche des habitants de ce coin de campagne. Les flaques sont gelées et chaque brin d'herbe est couvert de givre. Pas facile d'avancer sans bruit quand chaque pas fait éclater les minuscules fleurs de glace.
Maousse, le chat forestier ne se laisse pas surprendre et détale sans demander son reste, 3 images en rafale ; la course du félin est dans ma boite à images !

La neige couvre le sol et un lièvre a choisi de s'abriter sous une aubépine dégarnie, maigre protection pour le bouquin.



Un groupe de chevreuils gratte la neige pour grignoter les feuilles d'un colza; l'occasion de tenter une approche. Le vent m'est favorable et je commence une lente progression, utilisant l'ombre des haies pour me dissimuler. Cinquante mètres puis trente, la distance diminue et je redouble de précautions pour  approcher les cervidés. Aucun camouflage, j'avance debout, le téléobjectif sur un monopode.
La neige s'est mise à tomber drue, ce qui ne gêne pas les animaux occupés à se remplir la panse.



Je suis maintenant 20 mètres des chevreuils, je peux entendre leurs sabots dégageant la glace sur les jeunes pousses. Voilà ce qui me procure un vrai bonheur! S'approcher au plus près des animaux libres et partager quelques instants de leur vie sans les inquiéter.
Je pousse même la hardiesse jusqu'à filmer quelques images de cette proximité
Je suis avec les chevreuils depuis plus d'une heure et la troupe se fige, un étrange remue-ménage dans un bosquet proche est à l'origine de cette alerte.

Les cervidés détalent mais pourquoi?
Feuilles piétinées, bruissements et courses effrénées en sous-bois;
A votre avis, qui a effrayé mes chevreuils?

Le temps de réfléchir, une petite vidéo de l'approche.



Je m'approche rapidement des lieux pour en avoir le coeur net


Six magnifiques lièvres débouchent à quelques mètres de mon objectif, une hase poursuivie par une horde de prétendants. Malgré la neige et le froid, le printemps est bien là dans le coeur et le sang des lièvres. C'est le bouquinage !! 
Trop de bruit et d'agitation, les chevreuils ont préféré s'éloigner.
Les poursuites s'enchainent alternant avec des altercations où les mâles s'affrontent avec maintes pirouettes avant de reprendre la poursuite de leur belle. Seul le plus résistant arrivera à ses fins et pourra féconder la femelle.



Et pour finir testez vos connaissances ou apprenez en famille

Quelle est la particularité de la gestation chez le lièvre ?

Le lièvre fait-il partie de l'ordre des Rongeurs?


 Réponses en fin de page




Réponses:
La hase peut être fécondée à nouveau avant de mettre-bas, il est donc possible que deux foetus à des stades différents se trouvent dans l'utérus de la femelle; c'est la superfoetation.

Le lièvre n'est pas un rongeur au sens zoologique, il fait partie des lagomorphes au même titre que le lapin et le pika. Les lagomorphes possèdent deux paires d'incisives supérieures (une paire réduite est cachée derrière les plus grosses) à la différence des rongeurs qui n'en ont qu'une.

2 commentaires:

  1. Votre approche photographique nous permet d'approcher les animaux des campagnes, de les voir vivre dans leur intimité. Inquiétude, surprise, amusement aussi... On est invité à les comprendre et par-là à les respecter. Respecter, la nature, les animaux, la biodiversité.
    Merci !

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  2. Alors mon but est atteint, merci de votre commmentaire

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